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Le Mammouth m'a tué (Editions Tempora)

Ulla Sundström (TheBookEdition.com)

Le Mammouth m’a tuer (Article dans le cri di contribuable)

 

De rapports alarmistes en témoignages accablants, les écrits ne manquent pas pour déplorer la dégradation continuelle du système scolaire français. Parmi ceux-ci, l'ouvrage de Bernard Viallet arrive à point nommé. Cet ancien instituteur et directeur d'école nous plonge dans l'univers stupéfiant des zones d'éducation prioritaires (ZEP) où il a enseigné pendant trente ans. Pour qui ne connaît pas, le spectacle vaut le détour : violences quotidiennes, classes où le françai n'est parfois la langue maternelle que d'un élève sur dix, professeurs souvent inexpérimentés...

Face à cela, l'exaspération n'est jamais loin de prendre le pas sur un remarquable dévouement. Tout y passe, des magouilels semi-mafieuses pour bénéficier des allocations familiales aux lourdeurs bureaucratiques. Et, pour couronner le tout, des sommes faramineuses jetées par les fenêtres !

Les vérités décrites par Bernard Viallet ne sont pas toujours bonnes à dire. Pour refuser la fatalité, l'ouvrage se clôt sur une série de propositions aussi urgentes que nécessaires : réformer de fond en comble les IUFM pour qu'ils soient enfin efficaces, praitquer un enseignement à la carte, réaffecter les moyens pour qu'il n'y ait plus "un fonctionnaire quelque part, occupé à quelque chose, pour chaque enseignant placé face aux élèves". Au final, un livre rafraîchissant, qui fourmille d'anecdotes. On serait parfois porté à rire si le tableau n'était celui d'enfants sacrifiés sur l'autel des idéaux égalitaristes.

Guillaume Clérel (Le Cri du contribuable)

Ulla Sundström (Un extrait)

  (...)   Un mois plus tard, Ulla vint me chercher à ma descente d’avion. A bord d’une bonne vieille Volvo, elle me conduisit sur des centaines de kilomètres à travers mornes plaines et bois de conifères jusqu’à son chalet, idéalement situé près d’un lac et en bordure de forêt. Il faisait un froid glacial. Une neige épaisse scintillait dans le noir. La Suède me donnait une impression étrange avec ses fermes en bardeaux rouges ou verts perdues dans l’immensité d’un pays vide et triste et où il faisait presque toujours nuit.

     Le chalet me sembla chaleureux et accueillant. Bâti en rondins entiers, sa façade donnait sur un lac par une immense baie vitrée panoramique. Une énorme cheminée de pierre trônait au centre de l’espace à vivre. Des tapis, des coussins multicolores, des canapés profonds et chose étrange, aucune cloison ne séparait les espaces. On pouvait se voir et s’interpeller de partout.

- Je n’aime pas ce qui est étriqué, recroquevillé sur lui-même, me dit-elle en anglais, si je suis enfermée, je souffre de claustrophobie !

    Tout donnait sur tout, aussi bien la cuisine que la salle de bains aux murs recouverts de miroirs. Ca allait être pratique de vivre comme ça, sans la moindre porte. Bonjour la promiscuité. Je n’étais pas du tout habitué...

    Ulla me fit faire le tour du propriétaire : cuisine high tech, coin sommeil avec lit king size au ras du sol et bains avec jacuzzi. Le sous-sol consistait en un double garage pour la grosse Volvo V70 SW et un joli petit spider Porsche 944, une salle pleine d’appareils de musculation qu’elle ne devait pas utiliser souvent si l’on en jugeait par sa délicate anatomie qui n’avait rien à voir avec celle des body-buildeuses même les mieux constituées ainsi qu’un  magnifique sauna en bois blond, pays nordique oblige. L’étage n’était constitué que d’une vaste mezzanine avec un grand lit, un coin son et vidéo et une deuxième salle de bain sans rien pour s’isoler.

- Alors, elle te plaît, ma maison ? me demanda-t-elle en me versant le thé d’accueil . C’est moi qui en ai dessiné tous les plans. J’espère que tu vas t’y sentir comme chez toi.

     - Pas de problème, répondis-je en approchant la tasse de mes lèvres.     Je la reposais dès la première gorgée avec une grimace. Du thé vert sans sucre ! J’avais l’impression de boire de la tisane d’herbes amères.

     - Suis-je bête ! s’écria-t-elle. J’ai oublié le miel ! J’ai justement    demandé à Gala d’en prendre pour toi. Moi, je le bois comme ça. Ca fait partie de tout ce que je dois faire pour rester mince.

- Fine comme tu es, tu n’as pas besoin de faire un régime, m’étonnais-je.

- Bien sûr que si. Tous les mannequins en font un, qu’est-ce que tu crois. Un yaourt allégé et sans sucre avec un pamplemousse par jour, c’est le prix à payer pour vous faire rêver, vous les hommes.

     Je n’en revenais pas.

     « Mais tu peux être prise de fringale ? »

- C’est prévu. Dans ce cas, je me croque une pomme ou alors je m’envoie une ligne de blanche. Je ne connais pas une fille qui fasse autrement !(...)

 

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